Problématique

Dans son contexte topographique et sa situation en bordure du Chott (un niveau de base hyper salin), les terres du pilote, comme celle de la majorité de l’oasis, souffrent de deux contraintes majeures, à savoir l’hydromorphie et la salinisation. Ces contraintes s’intensifient au fil des années par la remontée de la nappe. Cette dernière se trouve à moins de 70 cm de profondeur, avec une salinité du sol de plus de 8g/L (conductivité électrique de 11,69 ms/cm), ce qui limite considérablement l’aptitude du sol à l’intensification et réduit les rendements des plantations existantes. Ceci, dans une dérive socio-économique d’abandon progressif de l’exploitation intensive des terres.

Cette situation est la conséquence de plusieurs facteurs dont notamment :

  • La qualité de l’eau d’irrigation;
  • Le niveau topographique;
  • L’inefficience du réseau de drainage existant.


Ayant bénéficié en 2005 du projet d’aménagement des oasis du sud (projet APIOS = Amélioration des Périmètres Irrigués des Oasis du Sud) la zone du pilote, comme l’ensemble de l’Oasis Jedida, a été dotée d’un réseau principal d’irrigation en seguia bétonné qui reste relativement insuffisant pour une meilleure gestion de l’eau, long de 340 m. L’irrigation dans la parcelle est réalisée par submersion dans des planches de dimensions variables selon l’occupation du sol par l’étage herbacé. Ces planches sont connectées au réseau principal par des rigoles en terre.

Il est à remarquer que le réseau de drainage réalisé dans le cadre du projet APIOS n’existe pas à l’intérieur des exploitations de l’oasis. Ce sont les fossés de drainage traditionnels gérés à titre individuel qui sont sensés assurer l’évacuation de l’excédent des eaux d’irrigation par gravité. Suite à la dislocation du tissu social initial, la fonction (l’obligation) d’assurer la maintenance de ces fossés de drainage par les exploitants, chacun sur son terrain, n’est plus assurée par beaucoup d’entre eux, ce qui retentit sur le débit et la vitesse d’évacuation des eaux de drainage et provoque la remontée de la nappe et la salinisation des terres.

Le débit d’eau fourni à l’ensemble de l’Oasis Jedida est de 104 l / s pour 138 ha, ce qui correspond à un débit fictif continu de 0,75 l/s par hectare. Cette eau fournie à raison de 12 à 15 heures par hectare et par tour d’eau (20 jours). Cette situation est de nature à permettre un niveau d’intensification acceptable, du moins par rapport à l’arboriculture et les cultures fourragères. Une meilleure gestion de l’eau et une amélioration du réseau d’irrigation, avec la construction de bassins individuels de stockage, permettra aisément une exploitation intensive de l’étage herbacé par des cultures maraichères et l’introduction de l’irrigation localisée qui nécessite la mise de l’eau sous pression.