Première campagne

A. Déroulement 

La mise en œuvre de la  première campagne s’est déroulée en plusieurs phases successives.  La première phase a été consacrée à quatre tâches importantes, qui constituent la charpente de base du projet, à savoir :

  • la confection des termes de références des consultants nationaux pour les trois pays ;
  • la collecte des informations et des documents de base indispensables à la rédaction d’une synthèse des stratégies nationales de l’eau dans les zones SASS d’ Algérie, de Libye et de Tunisie ;
  • l’esquisse de la méthodologie de collecte des données ;
  • la confection du questionnaire des enquêtes à lancer sur le terrain.


​La deuxième phase, qui a débuté en octobre 2010 et qui a pris fin le 31 mars 2011, a porté essentiellement sur les tâches suivantes :

  • préparer et effectuer les missions sur le terrain dans les trois pays concernés ;
  • préparer et rédiger la synthèse des stratégies préliminaires nationales ;
  • confectionner et affiner le questionnaire ;
  • choisir les zones d’enquêtes sur le terrain ;
  • construire la base de sondage.
  • recruter les consultants nationaux chargés de la réalisation et du suivi des enquêtes sur le terrain.
  • collecter les informations statistiques indispensables à la construction d’un échantillon d’exploitants représentatifs de la population des usagers agricoles des ressources rares du SASS.


​La troisième phase, qui a couvert la période allant du début du  mois d’avril jusqu’à la fin du mois d’août 2011, a été essentiellement consacrée à :

  • la construction des échantillons d’exploitations à enquêter sur le terrain dans les différentes zones retenues en Algérie et en Tunisie ;
  • la formation des enquêteurs, le test du questionnaire ;
  • le démarrage  et le suivi du déroulement des enquêtes sur le terrain aussi bien en Algérie qu’en Tunisie. 


​La quatrième phase, qui a débuté en septembre 2011 et qui a pris fin au mois de mai 2012, a été consacrée à:

  • la formation de l’équipe de saisie des données collectées ;
  • le rassemblement des données collectées au siège de l’OSS ;
  • la photocopie, l’identification et la validation des enquêtes déjà remplies ;
  • le démarrage de l’opération de saisie ;
  • la correction des enquêtes mal remplies.  L’amélioration substantielle de la qualité de la collecte des données a été obtenue grâce à un renforcement de la logistique et à un meilleur encadrement des équipes de terrain par des visites sur place du consultant régional.​


La dernière phase, qui s’est déroulée de mai 2012 à juin 2013, a été consacrée à :

  • l ‘analyse descriptive préliminaire des données collectées ;
  • l’analyse quantitative proprement dite ;
  • la rédaction des rapports sur les résultats obtenus.


B. Analyse 

Concernant la présentation des résultats de la première campagne, l’accent sera mis sur l’analyse à l’échelle globale du SASS et la comparaison des résultants entre les trois pays. Le rapport est organisé en quatre sections :

La première est dédiée à une présentation sommaire des outils Statistiques, Economiques et Econométriques nécessaire à l’Analyse aussi bien descriptive que quantitative. Cette section mettra l’accent sur :

  • la définition des variables à utiliser dans l’analyse et le traitement quantitatif des données collectées durant la première campagne d’enquêtes socioéconomiques et environnementales ;
  • les définitions des concepts économiques de base ainsi que les outils utilisés. L’accent sera mis surtout sur les élasticités prix, la Disposition à payer  (DAP) des usagers primaires afin de mobiliser ou d’acquérir la ressource en en eau qui constitue le facteur le plus limitatif à toute production agricole soutenue dans ces contrées démunies et au concept clef de  la productivité Economique de l’eau. Ce dernier concept dégage la valeur produite grâce à un m3 d’eau allouée à l’irrigation de la culture en question ;
  • une esquisse assez simplifiée du modèle économétrique à la base de toutes les estimations effectuées et surtout ;
  • un exemple empirique hautement simplifié pour présenter d’une manière aussi claire que possible le modèle préliminaire qui a servit au développement de tous les modèles intégrant progressivement les extensions requises.


La deuxième présentera une analyse descriptive des données globales. Cette section, qui s’appuiera sur des statistiques rudimentaires simples, permettra de mener à une analyse intuitive des données collectées afin de préparer l’analyse quantitative proprement dite.

La troisième section est dédiée à l’analyse quantitative de l’information récoltée et surtout aux commentaires des résultats obtenus. Cette section, qui constitue la composante principale de ce rapport, présentera les estimations économétriques effectuées grâce au logiciel STATA 11. Ce logiciel, qui est mise au point et conçu essentiellement pour traiter convenablement les données d’enquêtes, est le plus approprié à notre étude. Deux  résultats  importants  à retenir de cette analyse :

  • ce travail montre d’une manière explicite la pertinence d’une analyse désagrégée des données collectées et surtout sa supériorité sur toute analyse globale lors de toute estimation de l’impact de la variable prix sur la demande de la ressource en eau ;
  • une tarification appropriée infléchit la croissance de la demande exponentielle de l’eau et  réalise ainsi l’objectif majeur de conservation de  cette ressource précieuse dans ce milieu aussi démunie.


Une brève synthèse des résultats obtenus ainsi que la proposition de quelques éléments de recommandations opérationnelles en vue de gérer durablement cet aquifère caractérisé par sa nature très peu renouvelable fera l’objet de la quatrième section.


C. Points saillants 

Parmi tous les résultats importants obtenus  les plus pertinents sont :

L’élasticité prix de la demande de la ressource en eau est significative et a le signe approprié : L’analyse quantitative de la riche information récoltée dans l’ensemble du bassin SASS démontre sans aucune ambigüité que la demande en eau est sensible à toute variation de son prix. Ce résultat infirme la prétention, très peu argumentée et largement répandue, à savoir que l’eau, un bien vital et sacré, est au dessus des lois de l’offre et de la demande. En effet l’analyse sur un échantillon de 2557 exploitations irriguées à travers tout le SASS, qui vient d’être conduite, montre qu’une variation de 100 % du prix de l’eau provoque une baisse significative de 39 % se sa demande. Notons surtout que lorsque nous considérons uniquement les exploitants individuels, qui assument une part importante du coût de mobilisation de la ressource utilisée, cette baisse atteint même 49 %, ce qui est loin d’être négligeable.

La salinité de la ressource en eau est un fléau qui menace réellement la viabilité de toute agriculture irriguée dans la zone SASS. Toutes les estimations de l’impact de cette variable sur la production totale de l’agriculture irriguée, sur la marge brute des exploitations ainsi que  sur la productivité de l’eau, sont significatives. Cet impact négatif et même néfaste de la salinité est constaté quelque soit le réseau d’irrigation retenu et le pays considéré.

 

Toute politique économique, qui vise donc l’amélioration de la qualité de la gestion actuelle de cette ressource précieuse dans un contexte d’une haute fragilité en vue d’assurer sa durabilité, doit intégrer d’une manière explicite toutes ces dimensions capitales.